Micronutrition pour le sexe féminin

Mieux choisir son alimentation, bénéficier d’une complémentation sur mesure font partie désormais des fondamentaux d’une prévention réussie, d’un mieux-être et d’un état de forme optimal. Au delà de ces principes, la Micronutrition peut aujourd’hui venir en aide à chaque étape de la vie d’une femme : la micronutrition au féminin.

Grossesse, désagréments durant la ménopause, douleurs prémenstruelles, cystites à répétition, chaque sujet sera abordé par l’ostéopathe DO Sylvain Pruvot. Ses explications permettront de comprendre comment la micronutrition peut aider et prévenir certain soucis de la vie féminine.

micronutrition au féminin

 

Micronutrition au féminin : le syndrome prémenstruel

“je ressens depuis plusieurs mois, des tensions mammaires, des sensations de gonflement, de l’irritabilité à la limite de la déprime, tout ça 4 jours avant mes règles”

Qu’est ce que le syndrome prémenstruel ?

Le syndrome prémenstruel est un terme utilisé pour designer un ensemble de modifications qui commencent avant le début des règles et qui cessent en même temps ou peu après l’arrivée de celles-ci. Il touche environ 80% des femmes.

Quelle est son origine ?

Son origine est multifactorielle. Mais certains facteurs vont jouer un rôle prépondérant :

  • Les neurotransmetteurs cérébraux (hormones de l’humeur) notamment la sérotonine sont impliqués dans les troubles de l’humeur et les pulsions sucrées précédant les règles.
  • Un déséquilibre entre des hormones appelées prostaglandines fabriquées à partir des acides gras polyinsaturés oméga 6 provoque une diminution de sécrétion de progestérone par l’ovaire à l’origine des tensions mammaires et des gonflements par rétention d’eau.
  • Un défaut de certains micronutriments comme les oméga 6, calcium, manganèse, vitamines B et E.
  • Une alimentation fortement sucrée, une consommation importante de boissons caféine et l’abus d’alcool.
  • Sans oublier le stress et la participation des facteurs génétiques.

Comment y remédier pour aller mieux ?

  • Renforcer les apports en magnésium (fruits secs, eaux riches en magnésium) et en vitamines B que l’on qualifie de vitamines du “bien-être” (levure de bière, germes de blé à saupoudrer dans les salades).
  • Augmenter les apports en tryptophane, précurseur de la sérotonine. On le retrouve dans les oeufs, les produits laitiers, le poisson ou alors sous forme de complément alimentaire.
  • Combler le déficit de prostaglandines (voir ci-dessus) par un apport en huile d’onagre et/ou de bourrache.

 

Micronutrition au féminin : la grossesse

“j’ai 10 jours de retard, mon test de grossesse est positif. Je souhaite que tout se passe au mieux pour mon bébé. Que me conseillez-vous ?”

Les micronutriments sont les alliés indispensables d’une grossesse épanouie.

“Dans la vie, faut pas sans fer !”

La grossesse entraîne une augmentation des besoins en fer. On observe des déficits chez 60 à 75% des femmes en fin de grossesse. Une future maman déficitaire en fer sera plus fatiguée, moins résistante aux infections et plus sujette aux troubles de l’humeur.

L’iode, le grand oublié …

L’iode joue un rôle prépondérant dans le bon fonctionnement de la glande thyroïde. Une carence en iode peut avoir des conséquences sur le développement du cerveau de bébé.

Le dosage de la ferritine et de l’iode dans les urines avant et pendant la grossesse est donc indispensable. En fonction des résultats une complémentation pourra s’avérer nécessaire.

Le magnésium, l’allié zen

Il intervient dans plus de 250 réactions enzymatiques. Un manque de magnésium peut être à l’origine de fatigue, de troubles de l’humeur et de crampes.

Les vitamines et le zinc au coeur des processus épigénétiques

Les follets (ou vitamines B9) jouent un rôle très important dans le développement du système nerveux de l’embryon, en participant à la fermeture du tube neural. Mais on sait aujourd’hui également, qu’une part de notre santé se décide avant notre naissance. C’est pendant cette période très précoce de la vie (depuis le désir d’enfants jusqu’à la fin de la grossesse) qu’est programmé l’installation de processus épigénétiques, mécanismes physiologiques de régulation de l’expression de nos gènes. Les vitamines B9 mais aussi B6, B12, B2 et le zinc sont des acteurs importants de ces processus épigénétiques.

Vitamine D et calcium : l’association qui marche !

La vitamine D joue un rôle majeur dans la minéralisation du squelette foetal (elle est donc nécessaire à l’assimilation et à la fixation du calcium) et préviendrait les risques de pré-éclampsie.

Le DHA : l’acide gras Essentiel

Il intervient dans le développement du système nerveux et de la rétine du bébé en fin de grossesse.

Le saviez vous ?

Le bébé va doubler son statut en DHA entre le 7ème et le 9ème mois. Surprise : le DHA se met en réserve dans son tissu adipeux pour terminer le développement cérébral après la naissance.

Micronutrition au féminin : La ménopause, un deuxième départ …

“Je suis ménopausée depuis quelques mois : j’ai des bouffées de chaleur qui me réveillent toutes les nuits et du coup je suis très fatiguée. En plus, j’ai pris 5 kilos et suis mal dans ma peau, autant sur le plan physique que psychique. J’aimerais éviter de prendre un traitement hormonal”

Qu’est ce que la ménopause ?

La ménopause est un stade de la vie caractérisée par une diminution de la sécrétion des oestrogènes et de la progestérone due à l’arrêt progressif du fonctionnement des ovaires. Elle survient aux alentours de la cinquantaine et est plus précoce chez les fumeuses d’environ deux ans. Les manifestations sont donc très variables d’une femme à l’autre. En effet, il existe une notion de vulnérabilité individuelle due à des facteurs génétiques, environnementaux et au statut nutri-micronutritionnel de la femme.

Une femme sur deux voit sa qualité de vie perturbée par :

  • des bouffées de chaleur pouvant être à l’origine de troubles du sommeil et de fatigue
  • des troubles de l’humeur (irritabilité, déprime, anxiété)
  • une sécheresse cutanée et vaginale parfois responsable de vaginites, douleurs vaginales, cystites, rapports douloureux …
  • une prise de poids
  • des troubles de la libido

Comment y remédier grâce à la micronutrition au féminin ?

  • Limiter les bouffées de chaleur par l’apport de graines de lin, une source importante de liganes.
  • Booster sa sérotonine pour retrouver la sérénité, par l’apport d’aliments riches en tryptophane (produits laitiers, oeufs, poissons, petit lait). La sérotonine est également le précurseur de la mélatonine, hormone de l’endormissement.
  • Réhydrater sa peau par l’apport d’acide gras polyinsaturés (oméga 3, oméga 6) contenus dans les graines de lin, l’huile de bourrache, l’huile de capeline ou de colza.
  • Garder un ventre plat en évitant les sucres rapides surtout entre les repas et en favorisant les féculents à charge glycérique basse, en particulier les légumineuses (lentilles, pois cassés, fèves …).
  • Un complément alimentaire associant graines de lin, tryptophane et acides gras essentiels pourra également être conseillé.

Le saviez vous ?

Au moment de la ménopause, l’insuline devient paresseuse et au lieu de faire pénétrer le sucre dans les cellules musculaires, elle favorise le stockage des acides gras au niveau du ventre.

Micronutrition : la cystite, une gêne fréquente

J’enchaîne les infections urinaires, j’en ai assez, j’aimerais que ça s’arrête”

Les infections urinaires ou cystites concernent essentiellement les femmes entre 20 et 30 ans (vie sexuelle active) mais aussi les femmes ménopausées (sécheresse vaginale).

Qu’est ce qu’une cystite ?

C’est une inflammation et une infection de la vessie causée principalement par des bactéries de type Escherichia coli (les colibacilles) dans environ 70% des cas.

Quelle est son origine ?

La flore vaginale et les lactobacilles qui la composent jouent un rôle protecteur vis-à-vis des germes pathogènes. Cependant, il arrive que l’équilibre de cette flore soit fragilisé par des traitements antibiotiques, l’utilisation de préservatifs et tampons périodiques, la grossesse, la prise de contraceptifs oraux, ou encore, un terrain d’immuno-depression. Toutes ces causes peuvent ainsi conduire à un développement de cystite par contamination, à partir de la flore fécale.

Comment y remédier ?

Par une double action :

  1. Restaurer l’équilibre des flores intestinales et vaginale par l’apport de probiotiques.
  2. Éviter aux germes pathogènes l’adhésion à la muqueuse et favoriser leur élimination par le flux urinaire grâce à l’apport de canneberge et de cannelle. Les bactéries pathogènes ont des prolongements appelés “fimbriae ou adhésives” qui leur permettent d’adhérer aux cellules de la muqueuse urinaire. Des substances issues de la cannelle ou de canneberge vont alors se fixer sur les prolongements, empêchant ainsi les bactéries de se lier aux parois urinaires. Cela est également le cas pour les bactéries résistantes aux antibiotiques.

Pour éviter les cystites

Respecter quelques règles hygiène-diététiques :

  • Boire beaucoup d’eau
  • Eviter les vêtements trop serrés
  • Eviter les matières synthétiques en cas de sensibilité
  • Limiter l’usage de tampons périodiques
  • Adopter une hygiène adaptée (savon spécifique vendu en pharmacie)

Les bases de la Micronutrition – Micronutrition volet 1

Vos défenses au top pour cet hiver – Micronutrition volet 2

Micronutrition & ostéoporose – Micronutrition volet 4

Micronutrition & troubles cardiovasculaires chez la femme – Micronutrition volet 5